Tamimi,

Après avoir été emprisonnée pour avoir giflé un soldat israélien, la jeune fille originaire de Nabi Saleh, Ahed Tamimi, est devenue une icone pour les tenants de la cause palestinienne. Dans quelle mesure son histoire et son parcours éclairent-ils l’actualité du conflit israélo-palestinien ?

Ahed Tamimi, condamnée à 8 mois de prison après avoir giflé un soldat israélien
Ahed Tamimi, condamnée à 8 mois de prison après avoir giflé un soldat israélien Crédits : ABBAS MOMANI / AFP – AFP

Adolescente activiste de 17 ans, Ahed Tamimi, est devenue la nouvelle figure de la résistance palestinienne. Récemment, le 15 décembre 2017, dans son village de Nabi Saleh, près de Ramallah en Cisjordanie, elle bouscule, frappe et gifle deux militaires israéliens dans la cour de sa maison. L’adolescente est alors arrêtée, puis condamnée à 8 mois d’emprisonnement, et enfin libérée le 29 juillet dernier. 

Clivage et crispations autour de Ahed Tamimi

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EXCLUSIF. Paris : 18 coups de couteau et pas un jour de prison

EXCLUSIF. Paris : 18 coups de couteau et pas un jour de prison

Après avoir échappé à une tentative de meurtre en pleine rue en décembre, un homme a écrit à la ministre de la Justice pour dire son incompréhension.

Par Stéphane Sellami

Publié le  | Le Point.fr
Nicole Belloubet a repondu a la victime en mettant en avant les principes constitutionnels de separation des pouvoirs et d'independance de l'autorite judiciaire.

Nicole Belloubet a répondu à la victime en mettant en avant les principes constitutionnels de séparation des pouvoirs et d’indépendance de l’autorité judiciaire.

© LIONEL BONAVENTURE / AFP

 

chauffeur de bus ayant giflé

FIGAROVOX/TRIBUNE – Alors que l’opinion s’émeut de l’affaire du chauffeur de bus ayant giflé un adolescent lui manquant de respect, Barbara Lefebvre analyse les causes de cette médiatisation peu ordinaire et de la vague de soutien populaire envers le conducteur RATP.

Barbara Lefebvre, enseignante et essayiste, auteur de Génération j’ai le droit, (éd. Albin Michel 2018)

Un chauffeur de bus RATP excédé par une énième «incivilité» inflige instinctivement une gifle à un collégien qui vient de l’insulter: ce fait relève de l’anecdote devenue virale par le jeu désormais habituel des réseaux sociaux puisqu’un des collégiens présents a filmé la scène. Cette anecdote a fait la Une des médias pendant plus de vingt-quatre heures, obligeant tous les invités politiques des chaînes info à le commenter. Les émissions de radio ouvrant le micro à leurs auditeurs sur l’actualité furent débordées par les appels: presque unanimement pour soutenir le chauffeur menacé de sanction disciplinaire. Médiatisation qui a amplifié le succès d’une pétition de soutien rassemblant plus de 200 000 signataires. Qu’est-ce qui explique cette vague de soutien populaire à la gifle du chauffeur sinon l’exaspération générale devant la banalisation des violences dans l’espace public et la contestation de l’autorité des adultes? Il n’est pas question de nier que l’adolescence soit un moment de construction de l’identité personnelle qui se caractérise par la provocation envers l’adulte, par l’exacerbation des sentiments et des émotions. Il est question de savoir ce qu’une société civilisée peut continuer à supporter comme niveau de violences banalisées. Apparemment, notre société est au bord de la crise de nerfs, malgré les injonctions de tous les coachs en développement personnel qui nous expliquent la nécessité d’être zen en toutes circonstances, «centrés sur nous-mêmes pour ne pas être pollués par le monde», bref indifférents à notre entourage mais avec le sourire du béat.

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