La plus dangereuse exportation de la Grande-Bretagne : le corbynisme

 

18 septembre 2018

La plus dangereuse exportation de la Grande-Bretagne : le corbynisme

 

Jeremy Corbyn

 

L’auteur américain James Kirchick explique pourquoi la gauche européenne a tort de vouloir suivre les traces du leader travailliste.

 

Que Jeremy Corbyn fasse figure de sauveur montre l’état d’affaiblissement de la Gauche européenne. C’est pourtant ainsi qu’un nombre croissant de sociaux-démocrates désespérés se représentent le dirigeant d’extrême-gauche à la tête du Parti travailliste anglais.

On le comprend aisément : quoique dans l’opposition, le Parti travailliste apparait relativement fort, comparé à tous les partis sociaux-démocrates en Europe, où la Gauche est en chute libre et où les partis de centre-droit et d’extrême-droite dominent.

Lançant son pari à long terme pour s’imposer à la tête du Parti travailliste il y a trois ans, la percée du parfait député de base qu’était Corbyn a inspiré à des centaines de milliers de gens l’idée de rejoindre le parti, au point d’en faire le plus nombreux d’Angleterre.

Bien que le parti travailliste ait perdu l’an dernier les élections générales-surprise, Corbyn dépassa toutes les espérances, infligeant à la Première Ministre Teresa May une claque très rare en politique : une victoire humiliante.

Et aujourd’hui, grâce à l’incertitude rampante qu’à produite le Brexit et aux incessants coups de couteau dans le dos que se portent à eux-mêmes les Conservateurs, le Parti travailliste, en cas d’élections, sortirait vainqueur.

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Comment mourra la “cause palestinienne” ?

Comment mourra la “cause palestinienne” ? (23.09/18) [analyse]

Par Guy Millière © Metula News Agency 

 

Donald Trump n’a pas encore présenté son plan de paix pour le Proche-Orient. Il lui reste à vaincre quelques réticences et à obtenir les résultats de quelques actions menées en ce moment. 

 

Il lui reste aussi à voir ce qui va se passer en Iran lorsque les sanctions américaines entreront pleinement en vigueur, début novembre. Il doit encore convaincre le roi de Jordanie, et, si nécessaire, lui faire comprendre que sans argent américain, il pourrait se retrouver singulièrement à manquer d’air et dans la même situation que celle dans laquelle les mollahs de Téhéran sont confinés. 

 

Sans qu’on n’en connaisse tous les détails, on sait que le plan aura des ressemblances avec la “solution à trois Etats” proposée il y a longtemps par John Bolton, et qu’aucun des trois Etats concernés n’est un Etat palestinien, qui n’existe et n’existera que dans les fantasmes des anti-israéliens les plus fervents. 

 

L’un des Etats sera Israël, avec pour capitale Jérusalem une et indivisible. Un autre Etat sera l’Egypte d’Abdel Fattah al Sissi, à qui les Etats-Unis aimeraient confier la bande de Gaza (si l’Egypte s’occupe du Hamas, elle s’en occupera “à l’égyptienne”, et l’on peut gager que la presse occidentale sera moins choquée que si c’est Israël qui s’en chargeait). Le troisième Etat sera la Jordanie, et ce n’est pas du tout un hasard si des membres de l’administration Trump rappellent ces temps derniers que les Arabes vivant en Judée-Samarie étaient jordaniens jusqu’en 1988. Ce n’est pas non plus un hasard si, dans la presse jordanienne, on trouve ces temps des articles affirmant que la Jordanie a plus de légitimité à revendiquer une part de la Judée-Samarie que les dirigeants “palestiniens” ; la légitimité de la Jordanie sur tout ou partie de la Judée-Samarie n’existe pas, mais celle des dirigeants palestiniens existe infiniment moins encore. 

 

L’administration Trump fait pression pour que l’Autorité Palestinienne revienne à la table des négociations, et s’attend à un refus persistant qui lui permettra de dire au monde arabe sunnite qu’il n’y a rien à faire avec “ces gens-là”. Ce qui est rigoureusement exact. Et il est prévu que le monde arabe sunnite reconnaîtra qu’il n’y a effectivement rien à faire avec ces gens-là. Si, très improbable hypothèse, l’Autorité Palestinienne revenait à la table des négociations, l’administration Trump lui offrirait de se soumettre totalement ou de se démettre. Autrement dit, de renoncer totalement au terrorisme et aux incitations à la haine, d’accepter de régir des zones autonomes à la stricte condition qu’il y ait renoncement total au terrorisme. 

 

Pour l’heure, les dirigeants “palestiniens” semblent ne pas comprendre ce qui leur arrive et vivre dans un monde parallèle qui, bientôt, n’existera plus que dans leur tête. Ils prétendent toujours que Jérusalem sera leur capitale, qu’ils veulent le retour de cinq millions de “réfugiés”, et qu’ils n’abandonneront pas la “lutte armée”. Ils clament qu’ils ont toujours des appuis ; ils feignent de ne pas voir que le régime iranien va très mal, et que la Turquie ne se porte pas très bien. Ils invoquent l’Union Européenne, qui continuera à les appuyer jusqu’au bout ; ils simulent d’ignorer que l’Union Européenne se fissure et qu’y émergent des dirigeants – Viktor Orban, Matteo Salvini, Sebastian Kurz, pour ne pas les citer -, moins enclins à suivre la ligne islamique et hypocritement antisémite défendue par Mogherini, Macron et Merkel. 

 

Un commentateur israélien a dit récemment que les dirigeants “palestiniens” étaient sur le point de passer sous le train lancé à vive allure de la révolution Trump et ne discernaient rien. 

 

Quand la “cause palestinienne” sera morte, ce qui, si tout continue sur la lancée actuelle, sera chose faite assez vite, et quand les dirigeants “palestiniens” seront seuls à vociférer dans leurs bureaux vides, quelqu’un sera-t-il chargé de leur dire de partir, ou les laissera-t-on soliloquer, écumer de rage dans leur bunker, mis hors d’état de nuire jusqu’à la fin de leur nauséabonde existence. 

 

Quand toutes les autres questions auront trouvé leur réponse, il restera à poser cette dernière question. 

S300 EBER HADDAD

 

Eber Haddad

 

La mauvaise foi russe du temps des soviétiques revient au galop. La Russie a décidé de livrer des missiles antiaériens S-300 à la Syrie pour punir Israël de ne pas avoir abattu un avion de reconnaissance russe avec 13 personnes à bord qui a été descendu par la DCA syrienne toujours aussi incompétente. Très logique donc, on punit l’innocent et on récompense le coupable. Les missiles S-300 sont redoutablement efficaces mais ils ne sont pas la dernière génération de missiles antiaériens russes. Bien qu’Israël dispose de contremesures, cela va rendre plus difficile, mais pas impossible, les frappes israéliennes contre les iraniens présents en Syrie qui livrent des armes offensives destinées pour la plupart à des objectifs civils en Israël, au Hezbollah libanais. Comme Israël n’arrêtera pas de se défendre contre l’offensive iranienne, on peut s’attendre à plusieurs scénarios :
– une escalade du conflit.
– un affrontement direct avec la Russie qui pourra dégénérer mais qui risque d’entraîner ce pays dans une direction qui ne lui sera pas favorable, en augmentant ses engagements en Syrie, ce qu’elle a évité de faire jusqu’à présent. 
– un élargissement des frappes au Hezbollah qui lui aussi risque de dégénérer en conflit ouvert qui fera beaucoup de dégâts des deux côtés mais qui sera cataclysmique pour le Liban. 
– un arrêt des livraisons iraniennes avec retrait de leurs forces de Syrie. Prévision optimiste mais plausible.

On verra bien mais là, Poutine, qui avait réagi de façon mesurée, vient de faire sa première grosse erreur stratégique. Peut-être aussi est-ce un signe que son pouvoir en Russie est en train de décliner au profit des extrémistes et des militaires.