Retour sur intox : Les gaz lacrymogènes tueurs, un thème récurrent de la propagande palestinienne

Retour sur intox : Les gaz lacrymogènes tueurs, un thème récurrent de la propagande palestinienne

L’affaire du « bébé gazé » du 15 mai dernier n’est que la énième falsification sur un air déjà connu. Jusqu’à quand la presse française se laissera-t-elle complaisamment abuser ?

 

Pour une fois, les faussaires palestiniens, pris la main dans le sac, ont dû faire marche arrière. Grâce à la vigilance d’InfoEquitable, l’Agence France-Presse (AFP), qui avait au départ annoncé sans réserve la mort de Leïla al-Ghandour, un bébé palestinien de huit mois prétendument « asphyxiée par des gaz lacrymogènes israéliens », avait déjà dû produire une nouvelle dépêche faisant état des sérieux doutes rapidement apparus sur la cause du décès.

Et au bout de dix jours, les autorités de Gaza ont finalement retiré le nom de la fillette de la liste des victimes des récents affrontements.

L’AFP en a fait une autre dépêche :

 

 

A notre connaissance, seuls deux titres de la presse française ont repris cette information : Le Parisien et Europe 1 (quelques jours plus tôt, une vingtaine de grands journaux français avait pourtant diffusé sans aucune précaution l’information relatant la bébé mort asphyxié par les gaz israéliens. Aucun d’entre eux n’a jugé utile de revenir sur cette affaire…).

 

 

Le sous-titre de l’article d’Europe 1 résume la question soulevée :

 

Selon la famille, l’enfant est mort suite aux tirs de gaz lacrymogènes israéliens. L’armée de l’État hébreu parle d’une « fabrication » de la part du Hamas.

 

Le mythe des civils « gazés » par l’armée israélienne semble être l’un des thèmes récurrents de la propagande palestinienne.

Il y a bien toute une industrie de « fabrication » de fake-news par le Hamas et l’Autorité palestinienne.

De nombreux cas en attestent.

Le 15 mai 2018, le jour même où avait été annoncée la mort du nourrisson Leïla al-Ghandour à Gaza, la très officielle agence palestinienne Wafa avait déniché une histoire similaire près de Hébron, en Cisjordanie.

 

 

La victime était cette fois un homme de 58 ans qui, malgré une « excellente santé » était « tombé en martyr à la suite de l’inhalation de gaz lacrymogène lancé par les soldats israéliens ».

Manifestement, ce jour-là, la dépêche de Wafa a fait long feu et n’a pas été reprise par l’AFP.

La mort du bébé gazaouite proposée par le Hamas a sans doute été jugée plus « vendeuse » que le cas du « martyr » quinquagénaire de Hébron.

 

De nombreux cas de civils palestiniens « gazés »,  fort peu crédibles

En feuilletant la presse et en fouillant dans les archives, on découvre que les services de propagande palestiniens resservent régulièrement aux médias occidentaux – et depuis des années – ces histoire de civils tués par les lacrymogènes de Tsahal.

En octobre 2015, l’agence palestinienne Ma’an avait ainsi annoncé la mort du petit Mohammad Thawabta, un bébé de 8 mois, mort asphyxié lors d’affrontements entre émeutiers palestiniens et forces israéliennes.

 

 

Sans aucune vérification, l’AFP y avait consacré une dépêche, reprise par quatre journaux régionaux français (Le Dauphiné Libéré, L’Alsace, Le ProgrèsLe Républicain Lorrain).

 

 

 

 

Pour mieux étayer l’information, L’AFP avait diffusée une photo que les quatre journaux français avaient également servie à leurs internautes.

 

 

 

La mort du ministre palestinien Ziad Abou Eïn. Une crise cardiaque… encore attribuée aux gaz israéliens

Le 10 décembre 2014, le ministre palestinien Ziad Abou Eïn était mort terrassé par une crise cardiaque alors qu’il participait à une manifestation anti-israélienne.

Le Monde, comme de nombreux journaux et agences de presse, avait naturellement rapporté l’information.

 

 

Quelques instants auparavant, Ziad Abou Eïn avait pris part à une bousculade avec des soldats de Tsahal.

 

 

Immédiatement, certains journaux – et non des moindres – n’avaient pas craint d’avancer la thèse suivante : la mort du ministre palestinien aurait été due aux gaz lacrymogènes tirés par les soldats israéliens pour disperser certains manifestants.

L’Obs avait ainsi défendu cette version de l’incident.

 

 

Le journal belge 7 sur 7 n’avait pas été en reste…

 

 

… et avait relayé sans cilier la dépêche AFP rapportant les accusations palestiniennes selon lesquellesZiad Abou Eïn serait mort des coups et de « l’usage intensif des gaz lacrymogènes ».

 

Des accusations démenties par l’autopsie

Quelques heures plus tard, l’AFP avait diffusé une nouvelle dépêche indiquant cette fois la version israélienne.

Selon le ministère israélien de la Santé, qui se fondait sur les rapports d’autopsie, la mort du ministre palestinien avait en réalité « été causée par l’obturation de l’artère coronaire ». Ziad Abou Eïn était déjà malade du coeur : « les vaisseaux de son coeur étaient bloqués à plus de 80 % par de la plaque d’athérome; d’anciennes cicatrices indiquent qu’il avait déjà souffert par le passé d’infarctus du myocarde », souligne le communiqué du ministère israélien de la santé.

A notre connaissance, ni L’Obs, ni les autres journaux ayant défendu la thèse des Palestiniens n’ont diffusé la dépêche AFP faisant étant du démenti israélien. 

 

Radio France Internationale accuse Tsahal de gazer les Palestiniens pour pratiquer sur eux des « expériences »

Cette thématique mensongère des gaz israéliens tueurs a donné lieu à d’autres dérapages majeurs.

Ainsi ce reportage – passé relativement inaperçu – diffusé sur l’antenne de Radio France Internationale (RFI) le 7 janvier 2018 :

 

 

Le reportage, toujours disponible sur le site de RFI, ne recule devant aucune outrance et s’inspire manifestement de la veine complotiste. Nous vous en recommandons l’écoute pour vous en convaincre.

A en croire la journaliste Marine Vlahovic, qui a déjà attiré plusieurs fois l’attention d’InfoEquitable par sa démarche militante, ce serait pour tromper leur « ennui » que les soldats israéliens inonderaient quotidiennement le camp palestinien de gaz « aux effets dévastateurs sur la santé mentale et physique des habitants ».

Son reportage accuse l’armée israélienne de procéder en réalité à de mystérieuses expériences sur les habitants du camp réduits au rang de « rats de laboratoires ».

Interviewé par la journaliste, un responsable palestinien explique ainsi dans un français incertain :

 

C’est contre une population civile, non armée, composée majoritairement d’enfants qui sont exposés à cet usage abusif des gaz lacrymogènes pour des raisons qu’on ne sait pas la plupart du temps. Parfois il y a des confrontations, mais beaucoup de fois, les soldats semblent s’ennuyer. Ils ont besoin d’action, dans un sens. Nous sommes des rats de labo qu’ils expérimentent sur nous.

 

La journaliste surenchérit et explore la piste d’un gaz secret:

« Des rats de laboratoire! Car depuis quelques mois, selon les habitants, les gaz lacrymogènes sont de plus en plus puissants. Mais impossible d’en connaître la composition ».

 

Décryptage – Une nazification des israéliens qui exploite la culpabilité de la Shoah

On l’a compris, cette thématique des gaz lacrymogènes tueurs de civils palestiniens renvoie à celle de la Shoah et à l’accusation maintes fois proférées à l’égard des Israéliens de se conduire « comme des nazis ».

C’est l’air bien connu popularisé par Robert Faurisson: « vous prétendez avoir été exterminés dans les chambres à gaz, mais c’est vous qui gazez les Palestiniens ».

Ce genre de délire négationniste est en général l’apanage des groupes antisémites et des sites complotistes.

Depuis plusieurs années, la désinformation palestinienne a néanmoins exploité ce filon, vendant « clé en main » aux médias occidentaux des histoires d’enfants, de vieillards ou de civils gazés par la soldatesque israélienne.

Manifestement, une partie des médias mord systématiquement à l’hameçon et diffuse cette propagande mensongère sans la moindre précaution et sans procéder aux vérifications les plus élémentaires.

A cet égard, InfoEquitable a procédé à un examen comparatif très basique : nous avons examiné l’ensemble des dépêches de l’AFP faisant état de l’usage de gaz lacrymogène à travers le monde depuis le début de l’année 2018.

En France, de nombreuses manifestations violentes ont eu lieu (à Paris le 1er mai, à Calais, à Notre-Dame-des-Landes, dans les universités…) qui ont justifié l’emploi des ces gaz.

A l’étranger, nous avons pointé de très nombreux pays où ces gaz lacrymogènes ont été utilisés lors de manifestations ou de heurts, y compris dans des pays réputés violents et peu respectueux des droits du citoyen (Vénézuela, Nicaragua, Cachemire, Afrique du Sud, Sénégal, Madagascar, Niger, Côte d’Ivoire, Bénin, Maldives, Honduras, Tunisie, Soudan, Iran…).

Au total, plusieurs dizaines de manifestations, d’émeutes et de troubles… aux quatre coins de la planète.

Aucun mort ni blessé grave par inhalation de gaz lacrymogènes n’a jamais été signalé par les autorités sanitaires locales ou par les organisations de défense des droits de l’homme.

Par quel troublant phénomène, les civils palestiniens seraient-ils les seuls victimes d’asphyxie ? Pour quelles raisons les gaz lacrymogènes utilisés par toutes les polices du monde deviendraient-ils mortels une fois dispersés dans l’atmosphère de Gaza et des collines de Cisjordanie ?

En réponse à ces questions, InfoEquitable suggère d’autres hypothèses, également d’ordre médical : la cécité chronique, la naïveté maladive et les obsessions anti-israéliennes pathologiques d’une partie de la presse française pourraient s’avérer être à l’origine de ce mystérieux syndrome.

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Un ant­iracisme sectaire à l’assaut des facs : malaise dans la cultu­re juvénile

Un ant­iracisme sectaire à l’assaut des facs : malaise dans la cultu­re juvénile

La « mouvance décoloniale » gagne du terrain à l’Université par le biais de militants qui se prévalent des libertés académiques des enseignants-chercheurs pour diffuser abusivement un discours univoque et véhément. Il s’agit d’une forme d’emprise sur les étudiants, public captif et d’autant plus réceptif, lorsqu’il s’agit « d’une génération de jeunes Français issus de l’immigration, accédant aux études supérieures, désireux de connaître et de comprendre ce point de rencontre entre l’histoire de France et leur propre histoire familiale » comme l’a bien vu Gilles Clavreul (1).

On a vu des signes de radicalité discursive inquiétants à l’occasion des mobilisations contre la réforme de l’entrée à l’Université : « À mort la démocratie » sur les murs de l’ENS, tags antisionistes lors d’un saccage des locaux de l’UEJF à Tolbiac. On a vu au programme de la « Commune libre de Tolbiac », des ateliers « non mixtes » réservés aux « racisés », évoquant des précédents plus graves et plus révélateurs encore, lors de colloques universitaires sur l’intersectionnalité ou l’islamophobie qui cherchaient à légitimer l’idée d’une racisation de la société et d’un racisme d’État. Dans une conférence à l’Université de Nanterre, un étudiant a dénoncé froidement « l’impérialisme gay » et « l’homoracialisme de la gauche blanche » expressions caractéristiques de la rhétorique des Indigènes de la République. Des propos discriminatoires sont ainsi ouvertement divulgués au mépris de la rationalité critique et de l’universalisme qui fondent l’Université laïque en France et ailleurs.

Une génération politiquement désemparée est-elle en train d’émerger sous nos yeux ?

Une génération politiquement désemparée est-elle en train d’émerger sous nos yeux tandis que ses aînés, acquis à la démocratie libérale, commémorent les cinquante ans de mai 68 ? Si les étudiants de l’époque dénonçaient l’autoritarisme incarné par de Gaulle et refusaient de devenir les dominants d’une société figée et étouffante, ceux d’aujourd’hui sont tentés de s’identifier à la figure du « dominé » avec le ressentiment comme passion politique exclusive. S’y ajoute un « propalestinisme rédempteur» (2) à l’état endémique qui a transformé les universités françaises en lieux de pressions idéologiques, comme le montre l’annulation d’un festival sur la culture israélienne à l’Université de Lille 1, en février dernier, suite aux menaces de militants pro-palestiniens. Aussi l’hypothèse d’un tropisme idéologique sectaire se développant au sein même des universités peut-elle être évoquée, tendance comparable à la vague délétère du « politiquement correct » dénoncée naguère par John R. Searle dans un article intitulé « L’enseignement supérieur des États-Unis est-il en crise ?»(3)

La focalisation sur la cause dite « palestinienne » resurgit sur tous les campus. Cette fixation autour de la Palestine, considérée comme devant être intégralement reconquise, c’est-à-dire en éliminant la souveraineté juive d’Israël, n’est pas une critique rationnelle de la politique d’un Etat mais la négation de l’existence même d’Israël. Là encore, l’incantation des mots — « colonie », « occupation », « apartheid » — n’a aucun rapport avec le réel politique complexe mais sert à attirer les bonnes volontés grâce à des concepts consensuels construisant un clivage dont la seule issue est un antagonisme binaire consistant à être du bon côté de la morale. L’éloquence vertueusement indignée est alors le masque des manipulations politiques.

Notre réflexion porte sur des formes d’interventions militantes et politisées plutôt situées à gauche s’adressant à de jeunes adultes. Plus spécifiquement, nous présenterons deux exemples apparemment sans lien qui constituent des apparitions symptomatiques dans le paysage universitaire ayant trouvé écho chez des étudiants et dont l’expression manifeste relève de l’antiracisme et/ou de l’anticapitalisme.

Premier exemple : une pièce de théâtre proposée à des étudiants par un metteur en scène extérieur à l’université

Une pièce sur « le rôle de vos enfants dans la reprise économique mondiale» voulait en effet dégriser les esprits sur les ravages de la « finance folle » à travers des personnages volontairement caricaturaux, et si la figure emblématique du « banquier juif » y a pris spontanément place, c’est en tant que personnification du capitalisme financier mondial. Dans cette logique de critique radicale et d’humour à finalité militante, le message de la pièce a propulsé ipso facto ses propagandistes dans le camp du Bien, et le public solidaire ne pouvait être soupçonné de la moindre complaisance pour des stéréotypes lourdement connotés.

Dans ce qui est devenu « l’affaire de l’Université de la Rochelle » en 2013 et 2014, il faut rappeler que la protestation de Michel Goldberg, enseignant- chercheur de ladite université, qui, le premier a donné l’alerte sur le caractère antisémite de la pièce, a d’abord été inaudible. Le monde universitaire local est resté apathique et même bienveillant à l’égard d’un spectacle qui exacerbait le mythe du complot juif et les pires clichés à propos de plusieurs minorités.

Deuxième exemple : le Parti des indigènes de la République

Un deuxième exemple plus médiatisé est celui du PIR ou Parti des Indigènes de la République issu de « multiples hybridations » comme l’écrit Pierre-André Taguieff (4) : « Initié par des militants communautaires d’origine maghrébine, soutenus ou rejoints par une poignée d’intellectuels gauchistes, ce mouvement est idéologiquement issu d’une extrême gauche anticolonialiste et tiers-mondiste qui, ayant emprunté divers thèmes à l’antifascisme, à l’antiracisme et à l’anti-impérialisme (visant autant la France que les Etats-Unis), les a radicalisés dans un sens anti-occidental, « antisioniste » et, pour finir, anti-Blancs. » (P.-A. Taguieff, 2017)

Dans ce fonctionnement, est monté en épingle le scénario suivant: le Blanc colonisateur contre l’indigénat c’est-à-dire les victimes du système, minorisées, qui doivent se défendre. Il s’agirait de substituer à l’impérialisme hégémonique et patriarcal, l’indigénat des grand-frères.

« Je vois trois catégories en France : les français de souche – le corps légitime de la nation qui est d’origine chrétienne ; les Juifs qui sont plus ou moins tolérés à condition de se blanchir ; les sujets post-coloniaux » (5) L’indigène étant un « sujet post-colonial » ou « sujet colonial » (6) (les deux expressions sont utilisées)

Face au système raciste colonial et capitaliste, s’érige un système antiraciste décolonial, anticapitaliste, anti-impérialiste. Monde perçu en totalité clivé entre les bons indigènes et les mauvais Blancs ; c’est là véritablement un retournement de ce qu’a pu être le système des valeurs de l’empire colonial où les Blancs étaient perçus comme supérieurs. On retourne les catégories pour réinstaurer un système totalitaire qui racialise les individus c’est-à-dire oppose une majorité dominante à une minorité racialisée. Dire « je suis blanchie » ce n’est pas dissimuler un délit mais au contraire révéler le délit de contamination par le Blanc de sa blanchité (pénétration blanche). En somme « je suis blanchi » est la révélation de la domination du Blanc dont « je » ou « nous » est la victime (le « nous » renvoie à un ensemble indistinct se caractérisant par un statut : celui de victime). C’est un « nous » singulier, un « nous idéal » à l’image du « moi-idéal » freudien conçu comme un idéal narcissique de toute-puissance. Le « blanchiment » est l’opération de dévoiement voire de pervertissement de l’indigène, faible victime impuissante qui est appelée à s’indigner et à rejoindre l’appel à un « amour révolutionnaire » (7). On remarquera au passage que cet appel à « l’amour » est un appel passionné qui mêle aussi la colère, la haine et l’envie (on sait que l’amour et la haine sont deux faces d’une même pièce). Autre retournement défensif dont l’opération projective serait la suivante :« l’autre me hait ou me persécute, donc je le hais, je l’exclus et le combats par la politique de l’amour révolutionnaire ».

C’est bien la « rage narcissique » (9) (Kohut, 1972) qui est à l’œuvre (voir les travaux de P. Cotti (10)) et qui peut alimenter ce sentiment de persécution. La rage est disproportionnée, le point de vue d’autrui ne peut être pris en compte, il ne peut y avoir débat, c’est l’unilatéralité qui l’emporte.

Cette « rage narcissique » serait ici cette défense particulière venant parer à une blessure narcissique (générationnelle) de la minorité qui peut se manifester par le besoin de vengeance et l’urgence de rétablir un moi entamé par l’histoire familiale (une histoire exilique, de mobilité contrainte parfois peu connue souvent tue mais pressentie voire imaginée par la troisième voire quatrième génération comme traumatique). Il s’agit de redresser les torts supposés subis par les aïeux. Cette « rage narcissique » serait le pendant agressif de la honte. C’est l’hubris réactive et collective comme levier à ce qu’on pourrait appeler « l’identification au dominant » par retournement du passif en actif qui en est le pivot (« je vais te montrer que je peux dominer et ne pas subir ta force et ton humiliation, mais l’exercer et t’exclure sur le même mode par une ségrégation inversée. C’est le Noir/Arabe qui est désormais inclus et le Blanc exclus d’où le développement d’un « racisme anti-blanc » et comme le Juif est « blanchi », il est du côté du Blanc mais d’un Blanc trouble entaché des poncifs antisémites qui en fait un Blanc à part.

Outre leurs dérives ségrégationnistes et essentialistes, ces positionnements sont faussés et pervertis par leur parti pris radical comme le rappelle le sociologue Shmuel Trigano dans son ouvrage La nouvelle idéologie dominante. Le post-modernisme, “la déconstruction n’est réservée qu’à l’Occident”. (10)

Il suffit alors que surviennent certains acteurs idéologiques (le PIR ou d’autres groupuscules plus ou moins téléguidés) et l’on peut satisfaire ses pulsions d’embrigadement grâce à un vocabulaire que l’on plaque sur des « causes ». Les sciences humaines sont ainsi devenues le lieu d’une déréalisation puissante : il suffit de prendre le ton de la dénonciation et de la déconstruction et d’affubler ses délires de noms pompeux pour paraître « théoriser ».

Ce vertuisme dévoyé engendre des monstres : racisme, ségrégation, sexisme, antisémitisme, néo-colonialisme deviennent l’horizon perverti de ceux qui se déclarent antiracistes, antifascistes, humanistes.

En se fondant sur une lecture manichéenne du monde où existerait des oppresseurs et des opprimés que l’on pourrait définir par leur appartenance raciale ou sexuelle, la ségrégation devient ainsi un comportement logique aboutissant à des « ateliers en non-mixité racisée ». Un travail rhétorique permet de travestir la ségrégation en la rebaptisant : on parlera alors de « non-mixité choisie comme outil d’organisation politique ».

En se laissant bercer par des termes abscons mais dont l’autorité conceptuelle séduit (« racisation », « décolonial » au PIR ; « invisibilisation » dans le néo-féminisme, etc.), une part de la jeunesse dénuée de repères autres que les slogans des manipulateurs se laisse embrigader par des valeurs en apparence consensuelles et humanistes qui ne cessent de créer des divisions mortifères pour la société.

Un identitarisme endémique permet ainsi de faire passer chacun pour une victime, justifiant par là diverses formes de soulèvements agressivement idéologisés.

Cette polarisation radicale, essentialiste, systématique ne relève pas de la pensée politique mais du prétexte victimaire pour une guerre civile : « Nous sommes opprimés, donc tout est permis ». Au nom de l’antiracisme, cette nébuleuse encourage une violence qui justifie l’occupation des lieux de transmission du savoir et nourrit un discours de propagande.


(1) Gilles Clavreul, « Radiographie de la mouvance décoloniale : entre influence culturelle et tentations politiques », Fondation Jean Jaurès, 22 décembre 2017.

(2) Comme dit Pierre-André Taguieff dans Judéophobie, la dernière vague, Paris, éd. Fayard, 2018, p.198.

(3) Le Débat, 1994/4, (n° 81), p. 142-156, article initialement paru dans un numéro spécial de Partisan Review sous le titre « The Politics of Political correctness » , vol. 60, n° 4, 1993.

(4) P.-A. Taguieff, Lislamisme et nous, CNRS Editions, Paris, 2017.

(5) Houria Bouteldja dans https://vacarme.org/article2738.html

(6) Idem.

(7) H. Bouteldja, Les Blancs, les Juifs et nous : Vers une politique de l’amour révolutionnaire, Ed. de la Fabrique, Paris, 2016.

(8) H. Kohut, “Some thoughts on narcissism and narcissistic rage”, Psychoanalytic Study of child, 1972, 27: 360-400.

(9) P. Cotti, “Deconstructing persecution and betrayal in the discourse of Anders Behring Breivik. A preliminary essay”, Int J Psychoanal., 2015 Aug, 96(4):1041-68.

(10) 2015, Hermann, p.87

L’exemplaire presse française vous parle d’Israël, par Sarah Cattan

 

 

 

 

Nouvel article sur Tribune Juive

 

L’exemplaire presse française vous parle d’Israël, par Sarah Cattan

par admin

Jean-Michel Cadiot, journaliste du SNJ-CGT,  s’est exprimé hier au micro d’i24NEWS. Ouf! Il était temps! Ça suffisait! Cet odieux silence de mes confrères. Il fallait qu’une voix courageuse s’élève enfin et vienne dénoncer l’iniquité de tout ça.

Quoi? Netanyahou serait venu inaugurer Les Saisons Croisées France-Israël Et la presse du pays de Voltaire se tairait?
Laisserait faire?
Serait complice en somme?

Complice de tous ces crimes perpétrés par l’Etat hébreu avec cet arbitraire insupportable.

Lynchant de pacifistes hères venus de Gaza en guise de résistance, de seuls cailloux, bébés et pauvres cerf-volant armés!

Alors voilà: il vous le dit tout net, le grand journaliste: lui et ses collègues du SNJ-CGT trouvent déplacé que la visite de Netanyahou en France intervienne après ce terrible massacre.

Leurs potes du SNJ-CFFT, eux, trouvent cette visite  insupportable à plus d’un titre.

Ben quoi ! Israël aurait tué des enfants, des jeunes et des secouristes.

Ben quoi ! Les tireurs d’élite de l’armée israélienne auraient visé délibérément des journalistes palestiniens pourtant reconnaissables à leur gilet PRESSE.

Ben quoi ! Des gens désarmés auraient été tués par une armée surarmée! 

Et tu voudrais, Lecteur, que la presse mondiale ne s’en offusquât pas?

Et tu voudrais, Lecteur, que la presse mondiale ne s’en offusquât pas?

Alors, le graaaaand journaliste Jean-Michel Cadiot le dit sur i24NEWS: Ne recevez pas à Paris l’Homme qui représente cet Etat  criminel. Dites partout, haut et fort, tous les forfaits de l’Etat hébreu.

Moi? Moi j’ai honte. De cette presse lâche, partiale, et pour finir: malhonnête.

Outre la frilosité et la honteuse réserve que montrèrent les media français à couvrir des affaires d’importance, que ce soit de l’assassinat de Sarah Halimi au procès Bensoussan, les taisant aussi longtemps qu’ils le purent puis usant, comme contraints et forcés, des circonlocutions d’usage, outre la même réserve qui en vint à confiner au grotesque lorsqu’ils nous gavèrent des termes assaillants pour qualifier les responsables des attaques terroristes qui mirent à terre notre pays, ils ne cessèrent de se discréditer lorsque, oublieux des autres conflits dans le monde, qu’ils soient afghan, syrien, irakien, ukrainien par exemple, ils s’acharnèrent sur le seul qui valût à leurs yeux, le conflit israélo-palestinien, et le traitèrent avec une partialité qui fera école, ces participants de la guerre médiatique se faisant davantage militants engagés que journalistes, radicalisant les débats au prix de positions tranchées et simplistes, obsédés qu’ils devinrent par la dénonciation d’erreurs qui ne sauraient être le fait que des israéliens et par la faiblesse des Palestiniens face à la puissance militaire israélienne, adeptes enfin de comparaisons déplacées avec l’apartheid ou pourquoi pas le nazisme, faisant in fine d’Israël un épicentre du mal sur terre.[1]

Quoi la souffrance israélienne ? Il n’en est guère. Et seule vous sera exhibée celle des palestiniens.

Heureusement, de rares émissions de débats, comme Arrêt sur images, et surtout la puissance des réseaux sociaux sont là pour tenter de rétablir un semblant de vérité, de nombreux sites web se consacrant à la surveillance des médias dans le contexte précis du conflit, un site comme Desinfos.com ayant une notoriété certaine grâce à la qualité reconnue de leurs publications.

Ah Ah Ah. Travaillant sur le sujet, je lis que, en France, Le Monde irriterait une partie de son lectorat juif. Mais pourquoi diable ! Oh ! Que lis-je ? Libération serait sans doute le media le plus pro-palestinien ? Non ? Et l’Agence France-Presse serait la cible des pro-israéliens qui l’auraient surnommée Agence France Palestine ?

France 2 serait devenue une cible privilégiée à la suite de son rôle dans l’affaire Mohammed al-Durah. Ça alors.

Quoi ? Charles Enderlin serait mis au pilori ? Certains diraient qu’il souffrirait la haine de soi juive ? [2]

Quoi ? L’Assemblée générale de l’ONU servirait tout cela ? L’ONU serait une arène où se déroulaient des joutes politiques contre Israël ? L’ONU focaliserait sur Israël ?

Moi, je me demande si tout ça, c’est pas encore une invention. Juive forcément. Relis, Lecteur, le célèbre et savoureux Dialogue des tricoteuses d’Albert Cohen, in Belle du Seigneur[3]. Et accepte enfin que du sale temps de ce matin à tes hémorroïdes en passant par le fait que les paysans abandonnent la campagne et que ta voisine elle veut même pas allaiter le bébé : C’est la faute aux Juifs.

[1] Le récit impossible : le conflit israélo-palestinien et les médias. Jérôme Bourdon. Editions De Boeck. 2009. P. 72-74.

[2] Jérôme Bourdon. P. 65-67

[3] Chapitre XXVII.

Sarah Cattan

admin | juin 6, 2018 à 8:54 | Étiquettes : actualité juive, anti israéliens, antisémites, antisémitisme, communauté juive, France, gaza, hamas, Israël, média français, palestine, Terrorisme, toutes les actualités juives, tribunejuive.info | Catégories : médias | URL : https://wp.me/p4csIO-jrW

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